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Yasser Arafat

Yasser Arafat de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini, serait né le 24 août 1929 à Jérusalem. Il est issu d'une famille palestinienne de Gaza, originaire d'Égypte, et passa son enfance et son adolescence au Caire, avec ses six frères et sœurs. Il conserve des liens de famille dans ce pays, dans lequel il fréquenta le collège Farouk, considéré comme un des meilleurs établissement d'enseignement.

Table of contents
1 Les débuts d'un révolutionnaire professionnel
2 La mainmise sur l'OLP
3 L'alliance soviétique
4 Le plan de paix d'Oslo
5 L'Autorité palestinienne

Les débuts d'un révolutionnaire professionnel

En 1949, il s'inscrit à l'École d'Ingénieurs de l'Université Roi Fouad 1er du Caire, où il prit deux engagements politiques : secrétaire général des l'Union des étudiants palestiniens, et en même temps "instructeur militaire" chez les Frères musulmans.

En 1952, lorsque les "officiers libres" égyptiens dirigés par Mohamed Neguib, Gamal Abdel Nasser et Anouar el-Sadate chassèrent le roi Farouk, les Frères musulmans soutinrent d'abord la révolution, puis s'opposèrent à Nasser qui apparaissait comme le véritable homme fort du nouveau régime.

En 1959, Yasser Arafat s'installa dans l'émirat du Koweït où travaillaient de nombreux palestiniens. Il y créa le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin), rebaptisé rapidement al Fatah (la victoire), et c'est autour de cette formation que se restructurèrent, avec l'aide des Moukhabarat, toutes les branches du mouvement palestinien.

Ne voulant pas dépendre de l'aide financière de l'Égypte, il mit en place tout un réseau d'entreprises de travaux publics, de holdings financières, de sociétés écran, mais en ayant à chaque niveau la signature exclusive auprès des banques. Très vite il put payer sur les fonds ainsi générés, un premier groupe de "volontaires", les feddayins, souvent issus des Frères musulmans, et dévoués à sa personne. Ce groupe qui comprenait au départ seulement quelques gardes du corps, s'étoffa peu à peu en de véritables commandos, entraînés à partir de 1963 en Algérie, en Syrie et au Liban. Cependant Yasser Arafat veilla toujours à cloisonner les hommes et les structures, de manière à ne jamais être l'otage de personne. Son train de vie resta modeste et ascétique, à l'image, qu'il voulait donner, d'un véritable "révolutionnaire professionnel".

La mainmise sur l'OLP

En 1967, la guerre des Six Jours, en changeant la donne géopolitique au Proche-Orient, constitua le véritable point de départ de l'envol de Yasser Arafat. L'Égypte, la Syrie et la Jordanie furent écrasées par Israël qui en profita pour conquérir Jérusalem-est, la Cisjordanie, la bande de Gaza, territoires palestiniens qui étaient passés en 1948 sous double occupation jordanienne et égyptienne, mais aussi le Golan syrien et le Sinaï égyptien.

Cette nouvelle situation permit au Fatah de s'émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de s'emparer en 1968 du contrôle de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), organisme représentatif créé par la Ligue arabe quatre ans auparavant. Yasser Arafat en devint le président du comité exécutif en 1969, et par ce biais il prit le contrôle de la plupart des camps de réfugiés palestiniens comme ceux de Jordanie et du Liban, alors que les pays arabes laissaient faire.

Yasser Arafat, en faisant monter l'OLP en première ligne, changea la nature même du combat des palestiniens. Il ne s'agissait plus d'un conflit entre États, dans lequel les pays arabes, en refusant de reconnaître le droit à l'existence d'un État juif, avaient le mauvais rôle ; il s'agissait dorénavant de la "lutte de libération nationale" d'un peuple "colonisé", les Palestiniens, par un État oppresseur, Israël.

En 1970, le quadruple détournement d'avions sur l'aéroport de Zarka en Jordanie montra, cependant les limites que pouvait avoir cette nouvelle stratégie. Le roi Hussein de Jordanie envoya ses bédouins rétablir l'ordre dans les camps de réfugiés. En réplique, Yasser Arafat appela au renversement de la monarchie hachémite, en s'appuyant sur le fait que 75% des habitants de la Jordanie étaient des Palestiniens, à un degré ou à un autre. Le roi Hussein ne se laissa pas faire et fit massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu'ils soient feddayins ou civils, et obligea Yasser Arafat à se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de "Septembre noir".

L'alliance soviétique

Au Liban, Yasser Arafat fit prospérer l'OLP, qui, bien structurée et organisée, se dota de rentrées financières florissantes. Son trésor de guerre pouvait être estimés à 2 milliards de dollars en 1975, au moment où la guerre civile éclata au Liban.

L'année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d'avancées politiques de caractère plutôt pacifistes. En juin, l'OLP adopta le principe de création d'un État palestinien sur les territoires qui seront "libérés", et en novembre, son président reconnaît implicitement l'existence d'Israël en appelant, à l'Assemblée générale de l'ONU, toutes les parties à rechercher une solution pacifique pour la Palestine.

Cependant dans la réalité du terrain, les camps palestiniens se transformèrent en une sorte de principauté quasi-indépendante, et l'OLP s'allia avec le KGB soviétique pour devenir la plaque tournante du terrorisme international et de multiples trafics en tout genre. De sa base de Beyrouth, l'OLP fournissait des services sociaux aux réfugiés palestiniens, mais en même temps elle armait et organisait les groupes de "feddayins" qui lançaient des attaques incessantes sur Israël et ses intérêts, et qui multiplièrent les attentats. Elle développa aussi des chantages à l'encontre des dirigeants des pays arabes pro-occidentaux, notamment le Koweït et l'Arabie Saoudite. En 1980, le trésor de guerre de l'OLP, confié à la seule signature de Yasser Arafat était estimé à 5 milliards de dollars, soit plus que le PNB de plusieurs États de la région.

En 1982, Israël finit par chasser l'OLP du Liban en attaquant les camps de réfugiés, et désorganisa en partie la machine financière. Yasser Arafat, pour survivre, fut obligé d'accepter un nouvel exil et d'installer son quartier général à Tunis. Il accepta la dispersion de ses forces combattantes et revint vers une analyse et une voie plus politique.

Selon sa stratégie, dite "stratégie par étapes", et dont les prémisses de sa pensée et de son action future datent de 1974, Israël ne pouvant être détruit en une seule bataille frontale, il devenait donc très important d'arriver à la création d'un État palestinien, seul capable de rendre la lutte pérenne, d'accéder à un véritable statut international, et de faire entendre sa voix dans le concert des nations. La création de cet État pouvait se faire dans "n'importe quelle partie libérée de la patrie, au besoin à travers une trêve temporaire avec Israël.

En 1988, lorsqu'éclata en Cisjordanie et à Gaza l'Intifada, la "révolte des pierres", Yasser Arafat reformula sa pensée, à travers la "Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine", préparée par Jerome Segal, un universitaire juif américain d'extrême-gauche, et prononcée à Alger. Il se fait élire, par le Conseil national palestinien, président de l'État qu'il proclame indépendant en novembre 1988 à Alger. Son discours de paix le mènera au prix Nobel : Arafat renonce à la lutte armée contre Israël en même temps qu'il reconnaît cet État comme légitime, sans pour autant obtenir la paix. De nombreux Israëliens et occidentaux crurent alors à son évolution, d'autant plus qu'il fit tout pour séduire ses interlocuteurs. Avec les chrétiens il afficha sa dévotion envers "Notre Seigneur Jésus-Christ", qui était palestinien puisque né à Bethléem. Avec les français, il fit état d'une "correspondance avec le général de Gaulle en 1968" et montra qu'il portait au cou la croix de Lorraine que le général de Gaulle lui aurait envoyée, ce que niera la famille du général.

Le plan de paix d'Oslo

En 1989, la désintégration de l'empire soviétique signifia pour Yasser Arafat la perte de son principal et plus puissant allié et protecteur. De plus le gouvernement russe autorisa l'émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive. Affolé, Yasser Arafat se rallia à Saddam Hussein, et la communauté Palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorisa la prise de cet État par l'armée irakienne.

Cette grave erreur géopolitique vaudra à Yasser Arafat, après la guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des riches monarchies pétrolières et des américains. Il fut paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement d'Israël, où la gauche arriva au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estimaient que Yasser Arafat ne pouvait plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d'un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En août 1993, suite à des négociations secrètes menées à Oslo, un accord de paix est signé à la Maison Blanche sous l'égide du président Bill Clinton. Le monde entier retint la poignée de main échangée avec le premier ministre israëlien Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitua le plan d'Oslo. En 1994, Yasser Arafat a reçu, pour ce plan d'Oslo, le prix Nobel de la paix (avec Shimon Peres et Yitzhak Rabin).

L'Autorité palestinienne

Dès l'été 1994, Yasser Arafat s'installa à Gaza avec ses milices, cependant l'élection de Benyamin Netanyahou comme premier ministre d'Israël en 1995 mettra un frein à l'application de ces accords. Arafat ne cessera de dénoncer cet état de fait. En 1996, il est élu président de la nouvelle Autorité palestinienne, née à la suite des accords d'Oslo, mais qui jouit d'une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Cependant, habitué à gérer une organisation financière terroriste et des trafics en tout genre, sans aucune pratique démocratique, son régime devint un des plus autoritaires et des plus corrompus qu'ait jamais connu le Moyen-Orient. Ses fidèles contrôlent toute la nouvelle administration et tout opposant est systématiquement poursuivi et chassé. Un conditionnement systématique de la population Palestinienne est mis en œuvre, à l'école, à la mosquée, par la presse et la télévision, dans le seul but de préparer psychologiquement au "djihad" final contre Israël. Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l'économie palestinienne a augmenté sur un rythme de 9,28% par an, et les investissements de 150%, ce qui en fait l'un des taux de développement les plus rapides au monde lors de cette période. Dans le même temps Yasser Arafat aurait "dévié" près de 900 millions de dollars sur les comptes secrets qu'il contrôle directement.

En 1999, le nouveau premier ministre israëlien Ehud Barak offre à Yasser Arafat de reconnaître l'État palestinien, d'y inclure la moitié de Jérusalem, et de permettre le retour en Israël même de 250 000 descendants des réfugiés de 1948. Cependant, sous la pression de treize formations nationales et islamiques qui prônent la poursuite de l'Intifada comme une révolution pour l'indépendance, Yasser Arafat refuse la proposition israëlienne, et planifie, dès mars 2000, sous l'égide des treize formations, une seconde intifada encore plus violente que la première. Elle débute en septembre 2000 et tourne rapidement à la guerre, alors que les américains élisent le pro-israëlien George W. Bush président des États-Unis et qu'en février 2001 le conservateur Ariel Sharon est élu premier ministre d'Israël.

Les attentats du 11 septembre 2001 lancent les Etats-Unis dans une guerre sans merci contre le terrorisme à partir de décembre 2001, alors qu'au même moment, Yasser Arafat laisse le Hamas et le Djihad islamique démarrer une nouvelle série d'attentats contre des civils. Immédiatement Ariel Sharon lance une série de représailles à grande échelle avec l'accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld, "faucon" pro-israëlien. L'Union européenne elle-même, généralement très favorable aux palestiniens, exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et en "langue arabe" du terrorisme, ce qu'il fait le 16 décembre 2001, et en février 2002, il publie une vision de la paix.




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